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Allié Alexandre Dumas

Qui est Alexandre Dumas ? Je ne vous ferais pas l’affront d’imaginer que vous le connaissiez pas. Quoique ne pas connaître tel ou tel auteur est-ce à ce point dramatique ? Peut-être dans certains cercles ou chez quelques esprits chagrins démontrant ainsi qu’en confiture comme en culture, moins on en possède et plus on l’étale.
Plus important pour moi, et peut-être pour vous, en ce que souvent l’anecdotique génère l’Histoire, devrions-nous nous poser la question plus judicieuse suivante : Qui fut Auguste Maquet ? Son auteur fantôme, son co-auteur, son auteur outsourcé ? Un ami, un partenaire, un fournisseur, un adversaire ou tout à la fois ? Voilà des questions qui me titillent l’imagination et qui font de ce XIXème siècle, un siècle de surprises permanentes pour les ignorants que nous demeurons.

La collaboration d’Auguste Maquet qui se considéra un temps « non justement rémunérée » fut sujet à scandale à l’époque.

Bien du monde voit en Dumas soit un génie soit une « fabrique à romans » pour reprendre les termes indélicats du pamphlétaire raciste qu’était de Mirecourt (je vous laisserai en juger très prochainement en mettant en ligne sur Amazon le pamphlet en question). Mais avant de condamner durement Monsieur de Mirecourt, car je ne connais que trop peu les raisons de cette haine ou de ce besoin de Justice ou de Vérité qu’il semblait éprouver, il nous faudrait nous remettre dans le contexte de cette époque où comme c’est encore le cas aujourd’hui : un nègre ne peut être un homme à succès adulé, qu’il ait choisi de développer une véritable usine à roman en piochant dans les auteurs de son époque ou tout simplement se faisant remettre des manuscrits finalisés dans lesquels il se contentait d’apposer sa signature sur la fameuse page blanche des dédicaces.

Dumas reste un grand nom de la littérature (associé à de grandes amitiés comme celle de Victor Hugo), un activiste, un «A»venturier au sens Noble ou avec un petit «a», un homme engagé avant tout, et un conteur (ou un multi-auteur-conteur) d’exception. A-t’on réellement besoin de briser le mythe ? Il demeurera, pour moi, une énigme.

Il fut enterré à la sauvette, il fut encensé en 2002, ses cendres transférées au Panthéon (une partie) et son oraison funèbre fut un moment attendu des inconditionnels de cet auteur profondément républicain, au quart de sang noir, et au quart de sang noble.

Un homme manque à l’appel ici : son père, ce valeureux général mulâtre combattant, que ses ennemis craignaient tant et qui finit dans la misère, terriblement affaibli par son emprisonnement et des tentatives d'empoisonnement, le coeur brisé par un Napoléon ingrat. Ce père se reconnait dans bien des livres apparaissant comme une ombre, comme un héros ou comme un fantôme dans les personnages de ses grandes oeuvres de vengeance.
Nous reviendrons sur son histoire si nous en gardons la force et la motivation suffisante.